sur la moralité du capitalisme 4

Projet d’articlesLES LIMITES DE L’ETHIQUE DE LAURA NASH

Est-il possible d’appliquer l’éthique de Laura Nash en France ?

  Puis « l’éthique des affaires » de L. Nash en passant par « le mythe de l’entreprise »et aussi la nature AMERICAINE du « covenant »

et, partant, la difficulté de penser un capitalisme MONDIALEMENT supportable (voir autre article sur la CG)

  Ethique et Affaires

Les conditions théoriques préalable d’une compatibilité (le profit n’est pas éthique… il faut admettre son existence et faire acte de foi : être dans la tourmente pour la combattre, et non condamner le profit de l’extérieur – c’est une position de principe). Article #3

  Le credo peut-il suffire à faire foi

Des principes clairs, limités en nombre, à la force absolue. Il en va ainsi de l’éthique de Laura Nash comme du légalisme américain. Les lois, les codes et les déclarations de principe, pour authentiques qu’elles soient dans leurs intentions – ce qui aussi se discute – ne suffisent pas à changer le comportement des hommes.

  

LEGALISME  UNIVERSALISME  LOW CONTEXT  LITTERAL  SYSTEMATIQUE

  

Laura Nash prend bien la mesure de ce fait : force d’attraction du profit – pas tant une idéologie qu’un principe moteur, qu’il faut enfin renverser par la vertu de l’exemple. La figure du pasteur (le « credo » de J&J) et voir article # 3.

  

L. Nash veut re-moraliser le capitalisme par la raison même qui l’a déserté. Laïcisation de surface ; rappelle dans les profondeurs fondatrices des conditions qui, alors externes à la pratique d’un capitalisme (soi-disant, non mais, on se croirait nostalgique du 19ème siècle bon sang !!!), maintenant doivent faire partie intégrante. Full package. Livraison clés-en-main d’un capitalisme 1° culturellement et 2° moralement déterminé. RETOUR DU PURITAIN-MODELE (voir début du livre + Samuel Huntington).

  Le système de Laura Nash repose sur 6 postulats-          la morale est transcendantale (« convenantal »)-          l’homme est bon par nature ; dans un environnement favorable, il trouvera les ressources du bien en lui-même-          faire de l’argent n’est pas répréhensible en soi ; si les moyens et les fins sont bons, le profit est conforme à la morale

-          les conséquences d’une attitude conforme à la morale sont visibles dans notre vie terrestre (ce que croit Melissa, ce que je ne crois pas)

  

Voir dans mes notes (livre) : communautarisme implicit de Laura Nash et anti-machiavélisme… Un équilibre très particulier de l’individu et de l’intérêt général.

  Paradoxe de l’intime conviction du juste et conformisme évangélique

La rhétorique de Laura Nash repose sur un individualisme bien raisonné ; sans abandonner le précepte ultralibéral de l’individu-réceptacle ultime du credo (économique, idéologique ou religieux), elle entend l’encadrer dans un schéma minimal, certes, mais absolu. Il en découle une coïncidence des intimes convictions qui doit s’accorder avec l’idée d’une communauté de valeurs partagées. Au plus profond de la personne, donc, il y a la matrice d’un conformisme qui confine à la sectarisation de la pensée éthique…

  « believers in business »

Book Description
A general discussion of how religious faith impacts people in business based on interviews with 85 evangelical CEOs. Seven tensions presented by faith are explored and the dynamics of practical religion in the workplace are discussed in detail.

Ingram
In this study of over 65 CEOs and top executives, author Laura Nash probes how Christian business managers integrate faith with a successful life at work. Through her interviews with business leaders, Nash discovers that religion can play a vital part in business leadership by helping establish ethical standards and guide everyday business decisions.

 

On a le même en France, version catholique (Emmanuel Mounier) ?

  Une éthique transcendantale… empêtrée dans le monde matériel

Il faudra des héros. Et des ratages monstres. Mais tant que le capitalisme actuel triomphe encore dans sa forme, les exemples les plus marquants seront des hommes d’affaires à succès – qui gagnent et qui sont moraux quand même, ou alors qui gagnent parce qu’ils sont moraux !

  

Laura Nash, quoique sans doute ayant dépassée elle-même cet argument, doit tout de même convaincre une audience encore sensible à la rétribution sonnante et trébuchante. Or est-il bien moral que de motiver une personne à conformer son comportement à une certaine idée du bien PARCE QU’il en sera rétribué en retour. [exemple des chaînes de lettres sur Internet « pour faire le bien, et tu seras récompensé au centuple, par contre, si tu ne le fais pas, gare…]

  

Quoiqu’il en soit, si Dieu n’est pas directement invoqué, il faut qu’il soit de la partie quand même. Ou du moins sa Parole – et comment justifier la valeur de sa parole que son origine divine ? Ces considérations n’entrent pas dans l’argumentation du livre – elles sont sous-jacentes. Elles en sont la substance même.

  

Pour une pensée habituée à raisonner en termes protestants, ce n’est pas un problème… (jouir des biens matériels… jouissance cautionnée par Dieu). La vérité de la foi

  Il n’y pas d’intime conviction sans intériorisation de la Loi

Les héros, les exemples, c’est bien. Comment donner à Dieu toute le poids nécessaire de sa présence ? Le regard de chacun sur tous, de tous sur chacun… Empowerment et responsabilisation du sujet (démocratie hoplitique). PANOPTICON de Michel Foucault.

  On peut aussi vouloir rater sa vie… d’autres morales sont possiblesATTENTION LAURA NASH NE PRETEND PAS UNIVERSALISER SA MORALE…

D’autres éthiques sont possibles, plus près du sens de la vie que du sens des affaires. Double centralité de la religion et des affaires chez Laura Nash : des préoccupations qui échappent aux Français. De même, son approche de la corruption est profondément CULTURALLY BIASED.

  

Le terme de « business » n’a pas d’équivalent en français (ni non plus « management »). Or ce sont des réalités que recouvre le livre de Laura Nash qu’un esprit français peut avoir du mal à exactement saisir.  « Business » ne veut pas dire « capitalisme ». Légitimation morale de l’idéologie – ou idéologisation d’un système préétabli en mettant en avant ses principes moraux fondateurs a posteriori.

  

On peut aussi vouloir la réussir – pensée chinoise (immanence) sur laquelle un raisonnement à la L. Nash n’aurait aucune prise (livre de N. Blackman – mes notes p. 12)

  

L’individualisme libéral (quoique corrigé par un « covenant ») de L. Nash incompatible avec l’individualisme français – source du bien à trouver dans l’Etat (amis et détracteurs de L. Cohen-Tanugi) p. 12.

  Le profit n’est pas juste mauvais – il est l’origine du mal…

« L’argent, c’est de la merde… » L’argent corrupteur (Platon). (origines aristocratiques du rapport à l’argent en France, origines catholiques aussi – Yves Tinard). L’usure, vraiment une condition préalable de l’émergence du capitalisme…

  Reprendre le raisonnement de Laura Nash, qui effleure cet état de fait : entre rien et un mauvais profit, il vaut mieux rien… (p. 17 notes-mon brouillon + exemple # 4)  L’amoralité du capitalisme

Mauvaise conscience de l’homme blanc. On veut ajuster le tire d’une coca-colonisation (occidentalisation) qui soit bienfaitrice. 1° entreprises occidentales traitant avec des gouvernements peu démocratiques (et donc encourageant la dictature) ; pays non-démocratiques pratiquant tout de même l’économie de marché, révélant par-là un défaut, une FAUTE intrinsèque au capitalisme (ah, ben mince alors, c’est pas vertueux en soi ?) ; le capitalisme produisant les conditions de sa propre fin (le chaos mondial, source de profit pour les sociétés de banque et d’assurance, les sociétés de rachat d’entreprise, les investisseurs à haut risque, etc.)

  lire aussi article dans La Doc Française sur les changements dans le monde du management : 


Comprendre le management et ses ressorts,
expliquer ses modalités et en décrypter les enjeux actuels
pour les organisations publiques et privées.
C’est ce que vous propose le dernier numéro des Cahiers français
à travers les contributions de 16 spécialistes :
Comprendre le management
Cahiers français n° 321
96 pages, 9,30 euros
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/catalogue/3303330403211/index.shtml

Vous pouvez retrouver la revue Cahiers français et ses articles clés
sur le site de la Documentation française
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/revues/cf/index.shtml

Les entreprises fonctionnent de plus en plus en réseau,
les PME sont de moins en moins des unités économiques fermées.
Pour découvrir leur nouveau visage :
PME et innovations
Ministère de l’Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale
Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques
(DARES)
Etude coordonnées par Christine Divry et Philippe Trouvé
Collection Cahiers Travail Emploi
214 pages, 15 euros
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/catalogue/9782110056368/index.shtml

  


Il y a toutes les raisons de se méfier de l’usage que font les entreprisesdes chartes de qualité, des déclarations de bonnes intention, pour s’assurer à bon compte la motivation de leurs employés (voir Jean-Pierre Le Goff) – et puis l’argument de « Bonjour Paresse » : vous dites qu’il faut mettre les Français au travail, qu’ils sont paresseux, qu’ils faut se donner les moyens de leur donner une culture de l’effort (écoles de commerce, contrat éducation – patronnat) – mais C’EST VOUS QUI NE LEUR DONNEZ PAS LES RAISONS DE TRAVAILLER !!!

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