February 3, 2008...2:23 pm

LE POMPIER ET LE RENTIER

Jump to Comments

 

2008 : l’ère est aux réformes et, au cœur des habitudes en France, beaucoup de choses doivent changer – et changent déjà. Les habitudes présidentielles ; les habitudes du bon vieux demi, accoudé au bar, la clope au bec ; ou encore le système de redistribution, en pleine secousse – par exemple, le budget alloué aux contrats de travail aidés.

 

Les contrats aidés sont un appoint essentiel dans la vie des associations, puisque leurs emplois rémunérés en dépendent très largement. Pour ce qui est des Contrats dits d’Accompagnement dans l’Emploi, leur enveloppe devrait être réduite de rien moins que 40%. Ça c’est de la réforme… Faut-il y voir une contrepartie des cadeaux fiscaux consentis à l’avantage des contribuables plus nantis ? Ou le moyen de transférer les volumes d’argent nécessaires pour financer le tout nouveau Plan Banlieue de Fadela Amara ?

 

Dans tous les cas, de grands chambardements en perspective. Entre associations, la concurrence pour les subsides de la Puissance publique se fera plus ardue, avec l’élimination mécanique des celles qui ont les reins les moins solides.

 

Et comme la Radio HDR est aussi une association, nous sommes concernés. Mais, réforme ou non, mise au pas ou réorganisation, voilà toujours ce que nous redoutons le plus : le syndrome du pompier et le syndrome du rentier. Quelle qu’elle soit, une association oscille dans ses activités entre ces deux pôles, qui sont comme l’article de sa mort.

 

Le pompier : il éteint les feux lorsqu’ils se déclarent dans le quartier, mais il ne peut jamais vraiment changer les choses au fond. Relais de la paix sociale à bon compte, il finit par être le complice de l’ordre public qui se passe de vraies réformes sociales.

 

Le rentier : il se nourrit de l’argent des contribuables, existe pour continuer encore d’exister, en oubliant la portée de ses missions premières, qui étaient de servir les habitants en premier lieu.

 

Mais peu importe les transformations qui nous attendent si, au fond, elles s’accompagnent des moyens d’éloigner ces deux syndromes à l’aune desquels on pourra sérieusement mesurer le bien-fondé des réformes.

 

Quant à la Radio HDR, avec tout un tissu complexe de partenaires en tous genres, de bénévoles et d’usagers de tous poils, elle a pour obligation de donner à entendre les voix différentes que la diversité humaine invente en permanence. Le monde est vaste et les petits d’esprit qui l’habitent et s’y font parfois leur place au premier rang n’ont pas le monopole de ses limites.

 

Jonathan

fin janvier, début février 2008

Leave a Reply