August 26, 2007...7:58 pm

Sarkopositif

Jump to Comments

Bravo, vous faites désormais partie des gens qui n’ont pas peur de s’approcher d’une France sarkopositive.

Rien de si terrible après tout. La « France des thuyas », retranchée dans ses jardins, bercée dans le va-et-vient banlieue-bagnole-boulot, qui pourrait s’en effrayer ? Faire carrière, avoir un bon boulot, travailler un peu plus pour gagner sa dignité de bon père de famille – combien d’entre vous y voient quelque chose d’absolument répréhensible, justifiant manifs à tire-larigot et cars de CRS en pléthore ?

Le progrès passe par le passé. Ah oui ? Toujours est-il que la France a décidé qu’elle était en retard – elle trouve ses modèles dans les années 80 outre-Manche et outre-Atlantique. Thatcher ou Reagan. Le « national-libéralisme » à la John Wayne. Ou plutôt Blair peut-être, et sa Cool Britannia, qui aura digéré Thatcher pour nous, et aura fait à la droite britannique ce que le nouveau président fait à la gauche en France : la laminer, en marchant sans complexe sur ses platebandes. Alors que l’Amérique s’apprête à redonner le pouvoir aux démocrates, que le Royaume-Uni est revenu de la « révolution » thatchérienne en ré-investissant dans les services publics (le « modèle » britannique, c’est tout de même plus de working poor que de chômeurs en France), la France « enfin réalise les réformes qu’on attendait depuis 20 ans », selon le point de vue de la presse anglo-saxonne. Mais pour nos collègues allemands, « la France ne se réformera jamais tant qu’elle demeure si indécrottablement autocratique ». Le changement en France vient toujours d’en-haut, et la vraie réforme serait une vie démocratique plus authentique. Pauvres Français, qui n’ont comme espace d’expression politique que la participation à 85% – ou la rue !  

Comme dit Marcel Gauchet, la droite se matérialise : elle n’est plus la tradition, la religion, la morale ; et la gauche s’idéalise : il ne lui reste que des « valeurs » à défendre ; la réforme en profondeur de la société devient pour elle une vague idée nostalgique après son acceptation inavouable de l’économie de marché. Mais si la droite « se matérialise », c’est avant tout parce qu’elle est aujourd’hui la force politique en marche POUR DE VRAI. Regardons donc notre pays en face ! Ce sera toujours le meilleur moyen d’agir.

(deuxième quinzaine de mai 2007)

Leave a Reply